Les péripéties de Pascal au Vietnam!
 
 
     
  Préambule :

 

Ce carnet de route n'a d'autre prétention que de vous faire prendre place à l'arrière de mon vélo pour partager
un moment d'évasion.
J'espère qu'au travers de ces quelques anecdotes, vous percevrez les senteurs du Vietnam et que, peut-être, cela éveillera en vous l'appel du voyage !
Bonne lecture.

 

 
 

Parcours :

 
 

* Cliquer sur l'une ou l'autre des villes étapes pour accéder au récit.





 
 

1er jour :

Parcours : Genève(Suisse) > AVION > Hanoi (Vietnam)
Distance : ~12'000Km
Vitesse moyenne : - Km/h
Vitesse Max. : - Km/h
Route : long (12 heures)
Temps : variable !

Tada…5h30 du matin, j’atterris à Hanoi. Un peu « amorti » par le vol, je m’accorde un instant de répit à l’abri de l’enceinte de l’aéroport. Dans la foulée, armé de mon guide (dernier repère francophone du moment), je réserve mon premier hôtel à 5$ (trop facile mon portable fonctionne).
Au fond de l’aéroport une consigne ! Tiens… et pourquoi ne pas laisser mon vélo quelques jours au repos et le récupérer avant de repartir sur Hue (début du périple vélo) ! Aussitôt dit aussitôt fait. L’esprit libre et le bagage léger, je me laisse conduire à mon hôtel.
Accueil très sympa et service de qualité. Immédiatement, je profite de réserver une excursion pour la Baie d’Along (21$) et de commander mon billet d’avion pour Hue (57$). L’intendance étant réglée, je file me rafraîchir et dans un grand soupir, m’écroule sur mon lit. Plus de son, plus d’image pendant une bonne heure de bonheur (il va falloir vous habituer…) !
A mon réveil, le bruit des klaxons et le brouhaha des petites motos me rappellent à moi et m’incitent à la découverte de ce nouvel environnement.
Les rues grouillent de 2 roues, les piétons se fondent habilement dans la circulation, ne pouvant utiliser les trottoirs que s’approprient les marchands.
Pas à pas, ma ballade me mène au pied de l’artère principale. Et là, soudainement, mes jambes me stoppent, comme paralysées par l’incompréhension de mon esprit devant ce flot de vélos, motos, voitures qui me barrent le passage. Il me faudra une bonne quinzaine de minutes pour analyser le trafic avant d’en  comprendre » les rudiments.
La méthode locale : se lancer dans la masse en mouvement d’un pas lent et régulier tout en prenant garde de ne pas s’arrêter ! C’est comme nager au milieu d’un banc de poissons (d’ailleurs, la première fois, on en sort autant mouillé…)
Fort de cette folle traversée, je poursuis ma visite de la belle Hanoi en me faufilant dans les ruelles marchandes du vieux quartier.
Il est 17h30, le soleil se couche. Je termine mon « sirop grenadine » et salue la personne qui me tenait agréablement compagnie. La journée a été bien remplie. La fatigue me gagne. Un bol de nouilles me rassasie et mes yeux se ferment laissant mon esprit me projeter un dernier diaporama avant de m’évader dans le monde des rêves.

 
 

 

Au revoir « train train » quotidien.

 

 

Bonjour « Véleau » des beaux jours.

 

 

Hanoi vu d’hélicoptère ;)

 

A la pêche aux feuilles, feuilles, feuilles.

 

 

« Yamamoto » qui doit être
par ici !  …

 

 

…Vous ne l’auriez pas vu ?

 

 
 

2ème jour :

Parcours : Hanoi > BUS > Halong Bay (BATEAU) > BUS > Hanoi
Distance : ~350 Km
Vitesse moyenne : - Km/h
Vitesse Max. : Pas vite mais très sport !
Route : agité...
Temps : ensoleillé


Beep 6 beep heures beep du matin Beep beep beep…
Mon réveil me surprend en train de dormir !
Aujourd’hui, destination de l’énigmatique Baie d’Along. Le minibus serpente les rues étroites d’Hanoi collectant chacun des participants. Nous sommes au complet, c’est parti pour 4 heures de frayeur pure. Le minibus, petit par sa taille grand par son klaxon…se fraye un chemin au milieu des cycles et autres véhicules. Ca passe au millimètre, j’en profite pour apprendre encore quelques règles inédites de circulation, histoire de peaufiner mes connaissances du code de la route. Midi, nous arrivons enfin à bon port. Nous embarquons et prenons place. Après une bonne demi-heure de « bateau tamponneur », nous nous extrayons du chaos portuaire. Les commentaires animés de mes compagnons se lénifient et font place au silence. Nous restons bouche « baie » (oui elle est facile) devant le spectacle qui s’offre à nous. Les roches mythiques et séculaires semblent paisiblement nous regarder passer. Le bateau s’arrête, le courant le fait imperceptiblement tourner sur lui-même. Le paysage m’enivre, j’en perds le sens de l’orientation, jusqu’à ne plus savoir d’où nous sommes arrivés. Après cet instant magique, le moteur s’enclenche à nouveau, nous plongeons encore un peu plus profondément dans les mystères de la baie aux deux mille pains de sucre. Courte escale sur l’un d’entre eux et visite de deux grottes surprenantes.
L’ambiance dans le groupe est très bonne, je fais connaissance d’un couple de cyclistes allemands. Nous arrivons à Hanoi vers 19h30. Youp et sa comparse me proposent d’aller souper avec eux. Voilà une bien bonne idée. Nous sommes sur la même longueur d’ondes, ils viennent de passer 4 semaines à pédaler entre Saigon et Hanoi. Ils me donnent quelques précieux tuyaux et me renseignent sur la route. Nous passons un excellent moment plein d’humour et de rire. De plus, comme ils rentrent le lendemain, ils me bradent leur moustiquaire de voyage. Me voilà fin prêt pour commencer mon périple.
Quelques accolades plus tard, je suis de retour à l’hôtel où je me hâte de graver mes précieuses prises de vue sur CD (2'000 Dong). Encore une belle journée bien remplie.

 
 

 

Alors les amis…

 

 

…on « en barque » …

 

 

 

…pour le Vietnam ?

 

Marché Flottant.

 

 

Des pommes, des poires et…

 

 

… des scoubidous bidous !

 

La Baie d’Along.

 

 

A couper le souffle.

 

 

Respire… Pascal ;)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cyclo family

 

 
 

3ème jour :

Parcours : Hanoi > AVION > Hué
Distance : ??? Km
Vitesse moyenne : - Km/h
Vitesse Max. : - Km/h
Route : très dégagée :)
Temps : ensoleillé


Journée de transit (intestinal également...), je m’accorde ma première grasse matinée et déjeune « pépère » à l’hôtel. Dernière balade dans la trépidante Hanoi et déjà, je monte dans le taxi fou qui m’emmène à l’aéroport (conduite genre film : Taxi IVXXI).
Je récupère mon vélo à la consigne (90'000 Dong) et embarque dans l’avion après avoir eu un check-in mouvementé faute d’avoir oublié mon set d’outillage, dans mon bagage accompagné !
Arrivé à Hue, il fait nuit. Je ne me stresse pas et embarque tranquillement mon vélo dans un taxi avec l’assistance de deux charmantes hôtesses.
Accueil chaleureux et en français s’il vous plaît par la réceptionniste de la guest house. Petit repas et hop en position horizontale.

 
 

 

Vol interne, bon choix.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 
 

4ème jour :

Parcours : Hué > visite des environs > Hué
Distance : 20 Km de balade à vélo et environ 12km à pied
Vitesse moyenne : - Km/h
Vitesse Max. : - Km/h
Route : Trafic soutenu
Temps : ensoleillé


Après un petit déjeuner copieux, je m’attaque au montage de mon vélo. Quelques tours de clef plus tard, ma monture est prête à sillonner routes et chemins.
Je marche en direction de la citadelle. La densité de vélos et de motos m’impressionne et m’inquiète à la fois. Comment vais-je naviguer dans ce flot aux règles encore abstraites ?
Arrivé à La Porte du Midi et après avoir refusé une bonne quarantaine d’offres de cyclo-pousse (vélo taxi), je rentre dans la cité impériale. Le brouhaha de la ville s’estompe au contact de l’épaisse muraille, donnant au lieu, une paix intemporelle. Je flâne au milieu de cette page d’histoire tridimensionnelle avec les yeux d’un enfant. Tout est nouveau pour moi, l’architecture et la disposition des bâtiments me fascinent.
L’heure avance, Je m’évade de la cité pour rejoindre mon hôtel. L’estomac bien calé, j’enfourche pour la première fois mon vélo. Clic clic (cale pieds crochés) s’est parti. Je me jette à l’eau et attrape la vague. YYYYPPPPPAAAAA (cri typique du Pascal content) ! Vu de l’intérieur, c’est nettement moins impressionnant. Je suis tranquillement les autochtones (enfin surtout les cyclochtones...) pour m’adapter à leur façon de rouler. Je comprends vite que pour eux, s’arrêter c’est comme pour nous ne pas s’arrêter ! Quelqu’un pose le pied à terre et c’est instantanément le chaos. Je surfe sur la vague jusqu’à la pagode de Thiên Mu. Sur le parcours, à l’achat d’une bouteille d’eau, je me fais arnaquer par une petite dame d’au moins 80 ans. La situation est tellement cocasse que je ne peux qu’en rire.
Au retour, baigné par une lumière chaude reflétée par la rivière des parfums, je me laisse guider par le flot des cycles. Quel calme, plus aucun cyclo-pousse, vendeurs d’eau, etc…ne m’interpellent. Je suis comme eux, à vélo et non plus comme un touriste occidental qui se déplace à pieds (quelle drôle d’idée).
La nuit tombe, je rentre à l’hôtel prendre une douche. En sortant de ma chambre, je rencontre la réceptionniste de la veille. Elle engage la conversation en français, heureuse d’exercer ses connaissances. Très vite une discussion s’instaure. Hougg me parle de son métier, de la vie, de sa vie. Sa confiance et sa sincérité me touchent. Au travers de son récit, j’apprendrai que les préoccupations d’ici sont souvent très proches des nôtres. Une rencontre d’amitié qui finit en beauté la journée.

 
 

 

Oh! Oh! Où est ma clef de 12 ?

 

 

 

 

La porte du Midi vers 13h30 ;)

 

La citadelle.

 

 

Adèle la gardienne et ...

 

 

... Feufeu son dragon !

 

Mon Hôtel...

 

 

... enfin dans une autre vie !

 

 

Pour une fois que je ne porte pas le chapeau.

 

Non, non, ce n'est pas
de la potion magique !

 

 

 

 

 


 
 


5ème jour :

Parcours : Hué > Lang Co
Distance : 72 Km
Vitesse moyenne : 20.3 Km/h
Vitesse Max. : 51 Km/h
Route : vallonnée
Temps : Beau et très chaud avec vent contraire


Première étape vélo. Comme je ne connais pas encore mon état de forme, j’opte pour un départ matinal. J’aborde les premiers kilomètres sans trop forcer. Il fait déjà chaud, très chaud. La route est bonne et je n’ai aucun problème de navigation.
Vers midi, je m’arrête à mi-chemin pour casser la croûte. Après une commande en langue des signes, me voilà face à un poisson avec comme seule arme, mes deux baguettes ! Devant mon désarroi, la serveuse prend pitié et me donne la becquée. Tiens, j’ai l’air malin là :)
Quelques grimpettes se succèdent mettant à rude épreuve mon organisme mal acclimaté. La chaleur est infernale, Je prends garde de m’hydrater correctement pour faire face à cette fournaise. Les derniers kilomètres sont difficiles. Il s’agit de gérer l’effort et de ne pas se « griller » pour demain. Milieu d’après midi, arrivée à Lang Co, petite ville étape au pied du col des nuages. L’hôtelier m’annonce une panne d’électricité générale. Du coup, douche froide et souper aux chandelles ! Trop cool :)

 
 

 

Quelle allure :)

 

 

Quelle chaleur.

 

 

Quel spectacle.

 

Quelle route.

 

 

Quel Bonheur.

 

 

Quelle heure ?? ;)

 

 
 


6ème jour :

Parcours : Lang Co > Hoi An
Distance : 76 Km
Vitesse moyenne : 17.5 Km/h col des Nuages... ca monte !
Vitesse Max. : 50.5 Km/h
Route : magnifique, surtout le col
Temps : ensoleillé et chaud (~33°C)


Déjeuner au restaurant du village en compagnie d’un prof d’école, qui avec beaucoup de simplicité, me briefe sur les rites et coutumes du pays. Après cette séquence culturelle, il est tant de me mettre en selle et d’attaquer le col des nuages qui culmine à 496 mètres !
J’absorbe les 14 km au dénivelé moyen de 8% en une petite heure et beaucoup de sueur. A l’approche du sommet, je marque une pause pour admirer la beauté du paysage. Oups ! Mauvaise idée… Aussitôt une petite dame venue de nulle part, court vers moi et tente de me rabattre dans son petit café. Je remonte sur mon vélo pensant esquiver l’attaque. Taratata, il est très tôt, trop tôt, les commerçants agglutinés au sommet du col attendent le touriste que je suis de pied ferme. A tel point que la meute de guerriers qui se jette sur moi m’excède et me fait instinctivement crocher le gros plateau. 10, 20, 30,40, 50 km/h, je me lance frénétiquement dans la descente. La pente est vertigineuse, je double quelques motos et me laisse griser par la vitesse. Très vite, un grand Bouddha blanc m’indique que je suis aux portes de Danang, 4 ème ville du pays avec ses 1.5 millions d’habitants. Je me laisse guider par le flot de « Veleau » et traverse la métropole au feeling. A China Beach, je pose pieds pour me ravitailler dans un petit resto bien local. Ne perdant pas de temps, je me dirige sur Hoi An en passant par Marbel Mountain et ses sculptures.
En début d’après-midi, j’arrive à destination. Juste le temps de trouver un hôtel et de me rafraîchir que déjà le charme de la vieille ville m’appelle.

 
 

 

Même pas chaud !

 

 

Ca monte, ça monte.

 

 

Le moral est au top.

 

Mais le top, ce n'est pas pour tout de suite.

 

 

Il est pas beau le col des nuages avec sa casquette blanche ?

 

 

Certainement un voyageur
sur équipé !

 

Marbel Mountain.

 

 

Ho! Yann
eee... non Hoi An...

 

 

...bercé par les clapotis...

 

... et inondé par le soleil.

 

 

 

 

 

 

 

 
 

7ème jour :

Parcours : Hoi An > visite des environs > Hoi An
Distance : 15 Km
Vitesse moyenne : celle d'un touriste
Vitesse Max. : 12.53 Km/h à fond sur le petit plateau
Route : sans danger
Temps : ensoleillé et chaud


5h30, ouverture de l’œil gauche suivi de près par le droit, je me dépêche de me lever pour aller voir les pêcheurs débarquer leurs marchandises. La lumière rougeoyante du soleil levant inonde la rivière, les barques se pressent au petit port. L’absence de touristes me transporte dans un autre monde, une autre époque. Chacun s’active consciencieusement à sa tâche. Dans l’effervescence générale, on m’oublie. J’en profite pour me faufiler discrètement entre les marchands, m’imprégnant avec frénésie de cette atmosphère si particulière. Quelques photos discrètes et me voilà heureux, baigné par une lumière de feux.
L’après-midi, je le passe à flâner dans les attrayantes ruelles de la vielle ville et à nager dans l’eau chaude et tumultueuse de la Mer de Chine méridionale.
Au souper, je rencontre Michel, un Belge que j’avais croisé la veille. Devant une cuisine fine, nous échangeons nos impressions sur le Vietnam. De fils en aiguilles, je découvre un aventurier. Michel a sillonné les routes d’Asie pendant deux ans au guidon de son vélo. Son meilleur souvenir Le Laos (hum.. huumm…). Echange d’anecdotes et de projets.
23h30 au lit Pascal, demain tu as de la route.

 
 

 

Pascal on the net...
Elle était facile !

 

 

Exercice matinal.

 

 

Alors...

 

... ça ne vous fait pas rêver ?

 

 

Arrivée des pécheurs et ...

 

 

…des marchands. Au petit port.

 

Déchargement des bateaux.

 

 

Lumière de feu...

 

 

...pour terre de voeux.

 

Le sac à dos vietnamien.

 

 

   
 
 



8ème jour :

Parcours : Hoi An > Quang Ngai
Distance (vélo !) : 125 Km (en 5 heures!)
Vitesse moyenne : 26 Km/h
Vitesse Max. : 37.3 Km/h
Route : un peu de trafic
Temps : ensoleillé avec vent dans le dos


Aujourd’hui, une grosse étape m’attend, 120 kilomètres !
Comme je connais ni mon état de forme ni les conditions qui m’attendent, je me lève aux aurores. Après un bon plat de pâtes, j’enfourche mon vélo. Quelques kilomètres plus loin, je rejoins « l’autoroute 1» qui me sert de fil conducteur depuis le début de mon voyage. Bonne nouvelle, le vent est mon allié, son souffle chaud me pousse confortablement sur la Route Mandarine. Sans trop d’efforts, ma « caravane » à deux roues taquine les 28 Km/h. Les paysages défilent devant mes yeux, mon esprit, libéré de toutes contraintes, s’évade. Seul les Hello chaleureux que scandent les enfants me rappellent à la réalité.
Pour se ravitailler, rien de plus facile. L’autoroute est parsemée de petites échoppes où l’on peut se désaltérer tantôt d’un jus de coco tantôt d’un jus de canne à sucre (bien énergétique !). Et si c’est la faim qui vous tenaille, il est aussi facile de trouver une soupe de nouilles qu’un sandwich maison. La profusion des lieux où l’on peut se restaurer fait de la Route Mandarine, le paradis du cycliste. Ici, pas de risque de déshydratation ou de fringale. Il suffit de poser pieds et de se sustenter.
Malgré les 35 à 37 °C, très vite, j’arrive à Quang Ngai. Sans même faire halte (même pas fatigué  J ), je me lance dans le marchandage d’une chambre d’hôtel. Etonnement, quelques minutes suffisent pour nous mettre d’accord (seraient-ils pressés de me voir aller prendre une douche hihihi ).
Le guide du Lonely Planet définit Quang Ngai comme une ville où il n’y a strictement rien à faire ! Et bien… je crois qu’ils n’ont pas tort !
Dans la petite ville, je me ballade, poursuivi par une étrange sensation, celle d’être observé. Soudainement, je réalise que je n’ai pas croisé un seul occidental. Mes cheveux blonds et mes yeux bleus me trahissent et me font passer pour un extraterrestre. C’est la première fois depuis mon arrivée que je me sens si différent. Derrière les sourires de certains, je n’arrive pas à déceler s’ils sont joueurs ou moqueurs. Les attitudes et les expressions asiatiques sont tellement différentes que tous mes repères s’embrouillent.
Après quelques heures de repos, je me rends dans le petit resto du coin de la rue. J’atterris à une table en sifflotant le générique de la série TV des Envahisseurs…Aidé de mon guide et de ses trois traductions…je passe commande au martien du comptoir ! Seul à ma table, j’observe. L’esprit en éveil, je traque la moindre expression ou émotion de mon entourage. Je veux comprendre, je dois apprendre. Je termine ma soupe de nouilles et me prépare à décoller. Et là, surprise ! Un groupe de personnes avec qui j’avais fini par avoir un regard complice, m’invite à leur table. Très vite, dans un anglais approximatif, la discussion démarre. Les questions vont bon train et l’échange est riche. Au moment de partir l’un d’entre eux me retient par le bras et me fait signe d’attendre. L’homme se lève et disparaît derrière le comptoir. Quelques secondes plus tard il me tend un paquet d’un des meilleurs cafés du pays ! Et bien Pascal… je ne t’entends plus siffler ! Le contact serait-il passé ? Ne suffisait-il pas de se laisser guider par le hasard des rencontres pour trouver la clef de la communication ? C’est trop facile de voyager dans sa navette spatiale en évitant tout contact. Le véhicule du caméléon n’est-il pas le vélo ?

 
 

 

Plus on est de « véleau »…

 

 

. …plus on « riz ».

 

 

Saigon 980 Km.

 

Hellooooo...


 

Ravitaillement chez
grand-maman !

 

 

Les anges de la route veillent.

 

Alors ça roule ?

 

 

Pas trop mal, merci.

 

 

Wroom, chaud devant.

 

Attention à ne pas dépasser
les bornes !

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

9ème jour :

Parcours : Quang Ngai > Sa Huynh
Distance : 64 Km
Vitesse moyenne : 25 Km/h
Vitesse Max. : 50 Km/h
Route : plurtch plurtch
Temps : Grosse pluie :(


Direction Sa Huynh, avec comme seul compagnon du moment la pluie ! Après un petit déjeuner très léger, trop léger. Je ne fais que quelques kilomètres avant de caler devant un petit bazar m’offrant un abri. Voyant que je voulais manger, le commerçant m’amène chez sa voisine qui tient le resto du village. Il m’accompagnera pendant tout le repas, me servant tour à tour de traducteur et d’interlocuteur. La petite ginguette et tenu par une femme, sa fille et sa vielle mère qui l’aide en cuisine. La grand-maman me dévisage et fini par me dire qu’elle me trouve grand. Du haut de mes 1,71 mètres, j’accepte avec fierté le compliment.
La pluie redouble d’intensité, je reprends la route en sifflotant un air joyeux, comme dopé par la rencontre du moment.
Le long de mon trajet, je me trouve au milieu de centaines de bambins qui se rendent à l’école à vélo. Aucuns ne résistent à l’envie de me défier. Dès que je les double, les Hello crépites et les petits bonhommes se mettent debout sur leurs pédales, augmentent la cadence. Avec leur mono vitesse, ils me tiennent en respect pendant plusieurs centaines de mètres avec fierté. Je me prends au jeu, on est en pleine course. Mais pour moi la victoire est ailleurs. Je me sens si bien au milieu du joyeux peloton.
Un peu plus loin, je me retrouve derrière un groupe d’élèves plus âgés qui roulent en ligne. Ils sont quatre à se tenir par l’épaule. Le dernier de la ligne pédalant pour tous les autres, évidemment. Même pas le temps de les dépasser, que dans un éclat de rire général, une main se pose sur mon épaule. Hop ! Hop ! Pascal pédale, c’est toi qui es en bout de ligne maintenant. La petite demoiselle ne lâche pas, le sourire aux lèvres elle me fixe d’un regard complice. Un moment magique.
C’est le premier pays que je visite où les gens vivent sur leur vélo. Ce n’est pas seulement un moyen de transport, c’est un moment d’échanges et de rencontres. Ils profitent de chaque instant, le trajet fait partie du voyage.
En début d’après- midi, j’arrive à destination. Il n’y a qu’un seul hôtel, le choix est vite fait. A peine le temps de m’installer et de pendre mes habits détrempés que déjà deux cyclotouristes arrivent. Noel from Irland et Katelyne from Australia, ça tombe plutôt bien car à part une plage en demi-lune et un hôtel, il n’y a pas grand chose à faire dans la petite ville étape. Nous passons la journée à parler de nos expériences et de nos impressions. Une rencontre vraie et chaleureuse avec deux cyclos aux mollets affûtés par plus de 1500km au travers du Vietnam.

 
 

 

Casse-croûte...

 

 

...au village.

 

 

Lessive forcée...

 

...rencontre assurée !

       
 
 


10ème jour :

Parcours : Sa Huynh > BUS > Qui Nhon >Vélo pour le final
Distance vélo : 15 Km
Vitesse moyenne : - Km/h
Vitesse Max. : - Km/h
Route : à peine pédalé :)
Temps : pluie


Il aura plu toute la nuit. Ce matin encore, les averses se succèdent. J’hésite à prendre le bus. Une dernière averse torrentielle me convint ! Noel et Katelyne me rejoignent. Nous voilà tous trois postés devant l’hôtel prêt à bondir sur le premier bus qui passera. Aussitôt les employés de l’hôtel viennent nous aider (de façon un peu intéressée, il faut bien le reconnaître.). Nous attrapons un bus local (vraiment local). Noel discute le prix pendant que nos vélos sont rapidement hissés sur le toit. A l’intérieur c’est un vrai spectacle. Les gens, pas très accoutumés à voir des touristes, nous accueillent avec courtoisie et respect. Le bus s’arrête à la demande, mais tout n’est pas accepté. A l’image de cette petite dame avec ses paniers en osier remplis de porcelets qui ne ferra pas partie du voyage.
13 heures, le bus marque une pause. L’équipage nous invite à sa table. Chaque membre nous fait déguster une spécialité. Un petit café froid pour faire glisser le tout et nous repartons pour Qui Nhon.
Le bus nous dépose aux abords de la ville. La pluie battante nous transforme rapidement en éponge. A l’aide de la carte approximative du Lonely Planet, nous essayons de trouver un hôtel. Et comme d’hab., nous nous perdons. Après quelques tournicoti tournicoton au milieu des flaques d’eau nous arrivons à destination.
Accueil anglophone très sympathique. Le reste de la journée et de la soirée se passe à discuter avec d’autre cyclos de nos aventures rocambolesques. Que de bons moments.

 
 

 

Bonne ambiance dans le bus.

 

 

Non, non, les porcelets
ne sont pas admis.

 

 

On ne refuse pas une invitation !

 

 
 

11ème jour :

Parcours : Qui Nhon > Tuy Hoa
Distance : 108 Km
Vitesse moyenne : 21 Km/h
Vitesse Max. : 56.8 Km/h
Route : pas très reposante…
Temps : grosse pluie, nuages et finalement soleil


6 heures 30, je jette un coup d’œil sur la météo. Le ciel est chargé mais semble ne pas vouloir se déchirer. Je prends mon déjeuner en compagnie de François, un français exilé en Australie. L’heure avance, je charge mon vélo en profitant d’échanger quelques mots avec un jeune couple de cyclistes belges qui reviennent du Laos.
C’est parti, le ciel s’assombrit dangereusement. Je prends la précaution de m’acheter un « poncho » contre la pluie avant de quitter Qui Nhon. Et bien, bonne idée…La ville a à peine le temps de se faire oublier que déjà la pluie se rappelle à moi. Ca monte, je pédale à l’abri de mon poncho fraîchement baptisé. La route joue avec le relief de la côte, elle surplombe la mer offrant des paysages scéniques. Soudainement, la pluie redouble d’intensité, très vite la ligne blanche du bas côté devient ma seule alliée. Je m’y accroche comme à une ligne de vie. Mes pneus slick surfent sur la rivière naissante.
Après la pluie, le beau temps. Je pédale sereinement de villages en villages profitant de chaque moment. Les Hello des enfants, les courses de vélos improvisées, les éclats de rire et les sourires rythment ma progression. Impossible de se sentir seul. Les gens sont partout et surtout là, à côté de vous. Criant amicalement des What’s your name et enchaînant avec des I love you. Comment ne pas aimer ce pays qui à tant à donner.
J’entre dans Tuy Hoa, petite ville côtière. La journée a été éprouvante, je vais me délacer sur la plage jusqu'à ce que la nuit me surprenne.
Mon estomac crie famine, je me dirige dans le resto juste à côté de l’hôtel, planifiant de me coucher tôt. Je commence à déguster mon repas seul dans cette grande salle aux pierres de taille et aux rideaux rouges. Un groupe arrive. Très vite, l’un d’entre eux vient à ma table et m’offre de les rejoindre. Ce sont des géologues qui travaillent pour une industrie pétrolière. Les discussions vont bon train. Ils me font goûter à chaque plat et m’offrent un petit verre de « vin du pays». Ce breuvage n’est autre qu’un alcool fort. Le flacon étant vide, pour répondre à leur hospitalité, je me lève pour aller chercher une autre bouteille. Arrivé au bar, le récipient à la main, je tente de me faire comprendre. Le barman me montre du doigt un gros bocal en verre d’environ un mètre de haut et 50cm de diamètre rempli d’un liquide ressemblant « comme deux gouttes d’eau » à l’alcool consommé. En regardant plus en détail, je m’aperçois que se ne sont pas des cornichons qui trempent, mais belle et bien un serpent méticuleusement enroulé !
Oh ! Oh ! Quand faut y aller, faut y aller. Je rapporte triomphalement la précieuse liqueur, et accompagné de mes nouveaux amis, sirote du bout des lèvres le nectar au goût si piquant…

 
 

 

« Véleau, véleau,
what’s your way ? » Contre...

 

 

... « Hello, Hello,
what's your name ? » ...

 

 

...Qui l’emportera ? ...

 

... Peut être
« I LOVE YOU »

 

 

Coquette maisonnée.

 

 

Un verre de canne à sucre
et ça repart.

 

Longue rectiligne au milieu
des eaux.

 

 

Parfait pour le « véleau ».

 

 

Encore quelques dizaines
de bornes ...

 

... et quelques chars...

 

 

...à boeufs...

 

 

...dans un paysage...

 

...aride et désertique.

 

 

Juste pour faire envie ;)

 

 

Yo, Yo, Viet street parade.

 

Un petit verre d’alcool de serpent, pour faire glisser…

 

 

Et dire que tout ça tient dans deux sacoches !

   

 

 
 

12ème jour :

Parcours : Tuy Hoa > BUS > Natran
Distance vélo : 10 Km en approche final :)
Vitesse moyenne : - Km/h
Vitesse Max. : - Km/h
Route : fidèle au standing de la A1
Temps : soleil, pluie


La mission du jour… attraper un bus pour Nha Trang.
Comme tout bon occidental, je me rends à la rutilante gare routière pour acheter mon billet. Tout se passe bien jusqu'à ce que je leur annonce que mon vélo allait être mon compagnon de route ! Brusquement, les visages se crispent et le prix se multiplie par 5. Oups… je tente de marchander mais rien n’y fait. Cinq fois le prix, ça ressemble à une mauvaise blague pour touristes. En arrivant, j’avais repéré un parking avec de vieux bus entreposés. Sans trop de conviction, je m’y dirige. Au guichet couleur locale, le prix proposé est acceptable. Mais c’est avec le chauffeur que je dois négocier et non avec le guichetier. J’attends donc tranquillement l’arrivée du bus. L’équipage m’annonce un prix encore bien trop élevé. Après moult palabres, je décline l’offre. Une fois le bus reparti, je me retrouve en plan sur le banc de la vieille gare. Des passagers, intrigués par mon vélo, engagent la conversation et me demandent d’où je viens et où je vais. Je leur explique que j’essaie de prendre le bus et que les voyagistes semblent profiter de ma situation de touriste. Le petit groupe confirme mes soupçons. Un autre bus arrive, sans même que j’ai eu le temps de réagir, mes nouveaux amis se jettent sur le conducteur et discutent âprement du prix de mon billet. La petite équipe est très efficace et me décroche un tarif défiant toute concurrence. Comme quoi, il suffit parfois de savoir attendre !
Quelques heures plus tard, le minibus me dépose aux portes de la ville. Je traverse Natran et ses ponts à la recherche d’une guest house, tenue par un Français. J’esquive quelques rabatteurs et arrive chez Camille. Henri m’accueille chaleureusement. Ca me fait tout bizarre de reparler français.
Je chausse mes lunettes de soleil et pars à la découverte de la ville. A peine le temps de faire chauffer mes baskets, qu’une averse aussi soudaine que violente me force à me réfugier en catastrophe dans un petit resto (serait-se la saison des pluies ?). Je patiente calmement un verre à la main, 1 heure passe. La pluie ne faiblit pas. Voyant mon désarroi, l’aimable serveuse me tend amicalement un parapluie pour que je puisse rejoindre mon hôtel.
Une fois mon équipement pluie revêtu, je me lance dans les rues animées de Nha Trang. Les touristes abondent et l’ambiance est très métropolitaine.
L’heure du repas arrive. Je me glisse dans un des nombreux restaurants. A la table voisine, un groupe d’allemandes festoie. Je me joins à elles. Le feeling passe bien et nous profitons de prolonger la soirée en explorant les richesses nocturnes de la si occidentale Nha Trang.

Bon à savoir : quand un rabatteur vous amène à un hôtel, ce n’est pas gratuit ! L’hôtelier devra payer une participation journalière au rabatteur. Il vous sera donc beaucoup plus difficile de négocier le prix de votre chambre.

 
 

 

Oh! Oh!

 

 

Pluvieux...

 

 

« Plus jeune ! »

 

Parasol ou parapluie ?

 

 

Bonne adresse (voir le site) .

   

 

 
 

13ème jour :

Parcours : Natran > visite des environs > Natran
Distance : 15 Km
Vitesse moyenne : - Km/h
Vitesse Max. : - Km/h
Route : trafic rapide
Temps : soleil puis pluvieux


Après un réveil tardif (vacances obligent) et un papotage intensif avec Henri et ses amis francophones (rigolade oblige), je saisis mon vélo et attaque la visite de la ville. Je commence par longer paresseusement le bord de plage qui fait la réputation de Nha Trang, puis me dirige sur les Tours Cham. Sur mon parcours, le grand marché et son activité débordante, à chaque respiration un bouquet de senteurs aussi exotiques qu’aromatisées éveillent mes sens.
Du haut des tours, j’aperçois le grand Bouddha blanc qui me fait signe depuis son lotus. Je roule jusqu'à lui en me faufilant avec fluidité dans le trafic désormais familier. A ses pieds, je rencontre Sophie, une sympathique suédoise. Ensemble, nous poursuivrons tranquillement la visite de la ville. Après de belles parties de rigolade, nous finissons la journée autour d’un bon repas. Vite, une petite douche et déjà je rejoins mes amies allemandes pour fêter leur dernier jour à Nha Trang. En fin de soirée, confortablement installé dans la chaise en osier d’une terrasse de café, qui vois-je, juste là devant moi ? Noel et Kathelin, mes amis cyclos. Rencontre aussi fortuite qu’improbable, émouvantes retrouvailles empreintes de sincérité.
Partir seul, c’est d’abord s’ouvrir à l’autre !

 
 

 

Comment éclairer sa lanterne japonaise avec des…

 

 

 

…chinoiseries vietnamiennes ?

 

 

Un rayon de bohneur.

 

Une selle de labeur.


 

Un vélo porteur.

 

 

Poissons dans assiette...

 

…et porcelets dans
panier !

 

 

Parc à bateaux.

 

 

Parc à drapeaux.

 

Tours Cham mmmmm...

 

 

Au détour des tours Cham…

 

 

Qui n'a pas son hélice
de bateau ?